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mardi 6 décembre 2011

Quand la balayeuse passe avant la fête...

Papi à la fête de Fiston, juin 2011

Je me sens souvent prise entre mes enfants qui ont tous les deux des besoins particuliers et ceux de mon père. Parent de mes enfants, parent de mon père à la fois sa mère, son père, son seul parent proche et présent.

J'essaye d'organiser des choses pour lui, mais je perds le fil quand ce n'est pas lui-même qui vient bousiller mes efforts. Un exemple? Dimanche dernier, avait lieu une fête organisée par le centre qu'il fréquente et nous étions invités. Ayant déjà une activité avec mes enfants, j'ai appelé encore une fois ma tante de Gatineau pour lui demander si elle pouvait l'accompagner.

Après quelques échanges par courriel, elle a appelé mon père pour lui dire à quelle heure elle passerait le prendre et ce dernier lui a répondu que non, il n'était pas pour y aller, qu'il devait passer la balayeuse et changer ses draps. (...) Le pire, c'est qu'hier soir, j'ai appris qu'il s'était déplacé et qu'il avait attendu une heure devant les bureaux pour faire un tour à la fête.

Malheureusement, elle avait lieu à un autre endroit...

mardi 15 novembre 2011

Demandez de l'aide.


Papi et Fillette en ballade...

Texte écrit le 12 novembre. Depuis, j'ai accompagné mon père à un r.v. chez son médecin de famille et nous sommes mêmes allés à la banque ensemble... Vous pouvez me suivre à Un jour, tu seras muet, c'est mon espace où j'écris au sujet de mon père.

Je ne me pensais pas meilleure que les autres.
Je ne faisais que ce que je devais faire. Sans me demander comment.
Sans me préoccuper de savoir si j'étais capable.
Sans douter que je devais le faire. Point.

J'ai ravalé ma peine, j'ai serré les dents, j'ai haussé les épaules et j'ai tenu un bon 2 mois. Je me suis levée, j'ai fonctionné, j'ai travaillé et j'ai encaissé les mauvaises nouvelles. Quand je me suis permise une réflexion, rapidement, la bonne petite fille en moi est revenue. Vous savez, celle qui ne veut qu'une chose, répondre aux besoins de son entourage. Plaire.

Je me pensais seule, plate et je me suis isolée. J'ai mis mes besoins et ma raison de côté, j'ai même failli faire un aller-retour Sept-Îles-Montréal pour aller aider mon frère qui vivaient de durs moments alors que le matin, juste de me brosser les dents était difficile. Je sentais que je devais l'aider, en oubliant que je ne suis pas en mesure de le faire pour moi-même présentement.

Il a fallu que je prenne conscience dans mon corps (et mon miroir) pour m'arrêter. J'ai pleuré 2 journées de temps. Je suis allée rencontrer ma psy et j'ai fait plusieurs actions concrètes depuis. J'ai demandé de l'aide à ma tante qui demeure proche d'Ottawa (la seule parente de mon père), pour la semaine prochaine alors que mon père a deux rendez-vous importants dont IRM. Elle va l'accompagner pour ce dernier.

J'ai écrit à mon frère. Pour une raison que je ne suis pas certaine de vouloir vraiment la connaître, c'est moi qui suis proche de mon père et qui fait les démarches, mais c'est mon frère qu'il écoute! Je lui ai demandé qu'il reparle de la procuration avec lui. J'en aurais besoin pour pouvoir lui payer des services (déplacements, gardiennage, etc...) et les imprévus qui s'en viennent...

J'ai une pile de formulaires pour des services offerts par le service de transport adapté et un organisme communautaire de notre coin. J'ai même appelé mon PAE pour demander de l'aide. J'ai remis des rencontres avec des amis et un projet qui me tient à coeur pour quelques temps. J'ai deux nouveaux r.v. de planifiés pour... Moi! La semaine prochaine, un pour prendre soin de ma tête et un autre de mon corps.

Bref, je suis en plein coming out: mes muscles, mes nerfs et mes tendons s'expriment tout à tour, je ne pensais pas qu'on pouvait avoir mal à autant de places en même temps. Mon frère et ma mère ont aussi besoin d'aide à différents niveaux (et je m'inquiète souvent pour eux), mais ils ne sont pas seuls. Mon père, lui, l'est. Alors, je vais me concentrer sur lui, en espérant que son dossier soit priorisé au CLSC et que les choses avancent.

Et j'oubliais, je suis aussi une maman, une amoureuse, une enseignante, une femme... Maintenant, reste à voir si l'adage "demandez et vous recevrez" est toujours valide ou si pour une raison obscure, je vais devoir me débrouiller autrement. Qu'en pensez-vous? Sur ce, je vous laisse avec une bonne nouvelle, je viens d'apprendre que ma psy est reconnue par mon PAE, alors, je pourrai aller à quelques rendez-vous subventionnés par mon programme d'aide aux employés sans culpabilité sujet des $.

samedi 12 novembre 2011

Quand opération et procuration rime avec non!


"Non!"

Après plusieurs démarches, alors que j'allais confirmer avec mon papa ma venue avant d'aller avec lui à la banque, ce dernier a laissé ce message sur ma boîte vocale: "Non! Pas d'opération!"

Il ne veut pas se faire opérer.
Il ne veut pas de procuration.
Et pour conclure, ça phrase fétiche: on verra bien...

Mon père devrait se faire opérer pour un tunnel carpien (son bras est devenu faible et son pouce est atrophié) et avec le CLSC, nous avions convenu que quand ça arriverait, il pourrait aller en maison de convalescence (trois briques de moins sur mes épaules). C'était aussi une bonne occasion pour demander une procuration, s'assurer qu'il n 'y a pas de compte en souffrance et pouvoir retirer des sous pour lui payer des services (transport, aide , ménagère, gardiennage, etc...).

J'ai un contrat d'inaptitude, mais il n'est pas encore homologué. Je ne suis pas financièrement assez solide pour payer moi-même toutes ces démarches. D'ici trois mois, j'ai peur (ou plutôt, je me doute que...) qu'il perde son permis de conduire. Il devra se rendre assez souvent à Montréal et il aura besoin qu'on l'accompagne. Acceptera-t-il de payer les bénévoles pour financer les coûts d'essence? Le stationnement?

Jusqu'au où peut-on aller?

Sur le coût, j'avoue que j'étais fâchée, je me suis même dit, bien c'est ça, tu resteras dans ton caca, puis je me suis ressaisie. Je me suis dit que je ne pouvais pas aller contre sa volonté, que de toute façon, quand j'aurai le mandat, je ne me casserai pas la tête pour pouvoir payer les services dont il y a besoin (ou aura).

Pour l'opération, c'est un peu dommage, mon père est en bonnes conditions physiques, il s'entraîne 3 fois par semaine alors cette petite intervention pourrait rapidement donner des résultats concrets au niveau de sa mobilité. Il m'a juste dit qu'il était pour utiliser sa main gauche maintenant!

On verra bien...

jeudi 3 novembre 2011

Ménage du frigo et inspection de la maison

Au retour de la pharmacie, j'ai fait une petite tournée de la maison avec une nouvelle vision: est-ce que tout va? Est-ce que je note quelque chose d'anormal? Est-ce que la maison est propre? Que contient le frigo? Les armoires? Les chats vont bien?

Dans un premier temps, prendre ces lunettes me gênaient un peu. Je ne vais pas souvent chez lui, mon père ne nous a jamais vraiment invité, attendant plutôt qu'on lui propose un souper chez nous. Sauf pour sa fameuse dinde et réveillon annuel (tradition mise de côté le Noël dernier), nous n'étions pas reçus. Mais pour venir manger chez nous, avec nous, il était toujours partant!

Dans un deuxième temps, cette visite s'est bien déroulée. Mon papa est bien chez lui, chaque chose à sa place, si on prend une conserve de petit pois, il l'écrit immédiatement sur sa liste d'épicerie. Depuis plusieurs années, il écrit aussi sur son calendrier quand il doit changer son lit, faire la balayeuse, sortir le recyclage. Il a toujours vécu seul dans sa petite maison, même lorsqu'il était en couple. C'est son domaine, son île privée.


Il y a un peu de poussière, des piles de papiers ici et là, mais en gros, c'est mieux rangé que chez moi! Le frigidaire était un plus grand défi, avec plusieurs contenants périmés, un tiroir de carottes et un autre de patates momifiées. Le congélateur relève un contenu précieux, ses soupers regroupés par thèmes: pizza, pâté au poulet, pâtes. Pas tellement varié, mais à son image, il a toujours été conservateur.

L'été dernier, je lui avais proposé de l'inscrire à la popote roulante qui livre de bons repas complets le midi pour quelques dollars, mais il ne voulait pas... Il aime son autonomie, sa routine et il ne voulait pas rester à la maison attendre une livraison. Mon papa conduit encore, et d'ici trois mois, il devrait être évalué par une ergothérapeute à ce sujet. Il prend son auto pour aller au gym (3 fois par semaine) et il y dîne avec un ami.

Il n'utilise pas vraiment son poêle ni même son four. Le micro-ondes est l'appareil ménagé qu'il préfère dans la cuisine. Ça tombe bien, c'est aussi le moins dangereux! Il y fait même bouillir son eau pour ses boissons chaudes (quoiqu'il pourrait se brûler!?!). Je pensais dîner avec lui, mais il s'en allait s'entraîner, alors il n'avait pas le temps (heu... Et moi alors, c'est quand je m'entraîne!?!), je suis donc repartie après avoir rempli sa poubelle de vieux pots et de vieux légumes.

Mettant le dossier "papa" sur la glace quelques jours (quelques heures pour être plus précises), j'ai pris l'auto et je suis revenue par les petits chemins de campagne, la tête ailleurs, le coeur gros, les idées mélangées, emplie d'une grande fatigue, ma vie de maman m'appelant.


mercredi 2 novembre 2011

Médication et dispill


La semaine dernière, suite à notre visite chez la neurologue, nous avons demandé un dispill pour mon père et ainsi mieux gérer sa prise de médicaments (5 ou 6 prescriptions renouvelables à des moments différents) et lui faciliter la vie. C'était sans comprendre la gravité de son atteinte au niveau de la compréhension.

Mon papa s'est présenté à la pharmacie avec la requête du médecin et cela a très mal été. Il ne comprenait pas et il croyait, à tort, qu'on voulait lui enlever ses pilules... Ce fut très difficile et troublant pour lui, mais aussi pour le personnel de la pharmacie où il va depuis plus de 20 ans. Pour moi, ce fut une autre expérience marquante, pleine de tristesse et de frustration.

J'ai reçu un appel de mon père qui pleurait ainsi qu'un autre de la pharmacie, j'ai rappelé mon père pour essayer de bien lui expliquer, mais rien à faire, il ne comprenait pas, alors qu'habituellement, j'explique assez bien! Il était 16h30 et j'ai failli embarquer les enfants et quitter ma campagne pour aller le chercher et nous rendre ensemble à la pharmacie.

Finalement, j'ai pris une bonne respiration et j'ai plutôt organisé un visite pour le lendemain matin, avec mon père, à la pharmacie, en prenant congé. Je sais que je ne pourrai pas toujours faire ça. Mais, je sentais beaucoup d'anxiété chez mon père et cela me préoccupait beaucoup. Je pensais encore une fois que le fait d'accompagner mon père sera assez simple, mais je m'étais trompée.

On dirait que mon naturel optimisme devra rester à la maison, parce qu'il ne me sert pas du tout présentement... Nous sommes donc allés ensemble, Mme Véronique a été d'une grande patience, elle a expliqué, ré-expliqué encore et encore, nous avons compter les pilules dans les petits pots, puis dans les dispill, vérifié leurs couleurs, etc... Mon père ne comprenait pas encore vraiment, puis, tout à coup, il nous a demandé si on mettait le tout au recyclage après?

Après une vingtaine de minutes, nous sommes repartis chez lui et j'ai recommencé. Ouf! Pour le déjeuner, pour le souper, avant d'aller au lit, tu regardes le jour, la date, et tu suis avec ton calendrier. Mille explications, encore plus de regards interrogateurs et un certain sourire que je connais trop bien maintenant, qu'il affiche quand il ne comprend pas, mais qu'il essaye de sauver la conversation...

Avant de partir, je devais récupérer les anciens médicaments pour ne pas qu'il les prenne en double. J'ai bien failli ne pas pouvoir. Ils sont maintenant dans ma valise d'auto et dès que je passerai dans le coin et que j'aurai une minute (ce qui est plutôt rare comme circonstance), je les déposerai. Depuis, mon père prend maintenant ses médicaments déjà préparés. La gentille technicienne nous a aussi proposé de livrer les médicaments, mais après quelques essais infructueux pour expliquer ce nouveau service à mon papa, j'ai décliné l'offre.

Une bataille à la fois.