Sur ce blogue, j'écris sur mon père et sa maladie, mais aujourd'hui, après un mois, on dirait que c'est moi qui prends toute la place...
Un mois déjà que je ne suis pas venue par ici. Un mois que ça va trop vite. Un mois où je passe par toutes sortes d'émotions, que je cours encore plus (mais malheureusement juste dans le sens littéraire), que je me sens happée...
Mais, jamais trop longtemps, parce que la vie continue, que mes enfants ont des besoins particuliers et que la saison des bulletins et plans d'intervention vient juste de se terminer, que je n'ai pas le luxe de prendre plus d'une heure ou deux "anyway"...
Un mois où je suis dans l'attente, que je réalise que comme trop souvent dans mon histoire personnelle, notre dossier est tombé dans les oubliettes alors qu'il y avait une certaine urgence. Qu'on doit recommencer les démarches pour l'évaluation psycho-sociale, notre travailleuse sociale ayant quittée en plein mandat pour une raison obscure.
Un mois où mes démarches se sont transformées en action, une auxiliaire vient maintenant visiter mon père une fois semaine, sa cousine le visite aussi presqu'à chaque semaine, sa soeur est venue le week-end dernier, j'ai avec mon frère un système du surveillance (j'appelle les jours pairs et lui les jours impairs) et nous sommes continuellement en communication (vive nos iPhones!).
Un mois que mes finances souffrent, après toutes ces journées de congés, j'ai épuisé mes congés et mon salaire est maintenant coupé depuis janvier déjà, c'est moi qui paye l'auxiliaire (pas encore rien du CLSC et mon père ne veut pas), mais au moins, j'ai une sécurité d'emploi et j'ai accès à du crédit (on peut se plaindre de mon manque d'assiduité, mais que voulez-vous?).
Bref, un mois, c'est long et court à la fois. Je vous laisse sur une photo prise cette semaine, alors en attente pour rencontrer le nouveau neurologue spécialisé en SLA. Mon frère nettoie mon papa qui se retrouve souvent avec de la nourriture ou des liquides aux coins de la bouche.

J'aime cette photo pleine de force, de faiblesse, de tendresse, de détresse et...
D'amour.